Pour ceux qui nous connaissent déjà, vous savez que nous sommes partis à deux (les deux protagonistes principaux du moment du groupe Petite Madame). Je vous passe les détails de la préparation qui ne fut pas une mince affaire… mais le principal c’est que tout était fin prêt pour le grand départ du vendredi 9 juillet.

Nous sommes donc partis sur les routes le 9 juillet direction Bordeaux. Le réveil très matinal fut difficile (6h30… et oui pour des musiciens c’est pas une heure ! :), d’autant que nous savions quelle journée chargée nous attendait.

Pour commencer, le chargement de la voiture : deux sacs de voyage pour moi (+ deux trousses de toilettes… et encore j’ai fait un très gros effort !! y avait quand même les habits de scène dans le lot), un bagage pour lui… (oui oui je sais), deux grosses enceintes, une table de mixage, un pied de micro, un petit retour, une guitare, tous les câbles, les pupitres, les cartons de CD, … et tout ça à faire rentrer dans une Peugeot 107 !!!! Pour les plus septiques, j’ai la preuve en image !

Certes, nous avons dû faire preuve d’un peu d’imagination et d’ingéniosité (quand je dis « nous » c’est surtout Juan, parce que pour ma part j’étais trop paniquée pour imaginer quoi que ce soit) et utiliser l’aide extérieure aussi (ma sœur a été réquisitionnée pour le grand départ… merci Haïji !) et au bout d’une bonne heure nous sommes venus à bout de cette montagne de bagages !

Nous voilà donc partis pour notre grande tournée d’été, avec les premières 6 heures de route direction Bordeaux. La tension en ce début de tournée a commencé à se faire sentir : la concentration de l’un (Juan, quelque peu coincé dans son siège de conducteur avec le menton sur le volant « vu qu’il fallait caser les trousses de Madame »), le stress et la fatigue de l’autre (moi, qui avait attendu Juan le matin, « bon sang ces latinos, toujours en retard »). Je pense que c’est à ce moment là que Juan a commencé réellement à mesurer l’ampleur de la tâche qui allait lui incomber pendant cette tournée. Tout d’abord, il allait devoir se « taper » seul la route pendant toute la tournée « parce que la Petite Dame a passé son permis il y a longtemps et n’est pas fichue de reprendre le volant… tu parles d’un cadeau !... j’ai pas signé pour ça moi, au début je devais juste être guitariste !!! ». Alors je précise que le simple guitariste du groupe est devenu également arrangeur, ingé-son, programmeur, directeur artistique en quelque sorte et conseil stratégique du projet… et que ça fait un bout de temps qu’il n’est plus « juste guitariste » et surtout qu’il s’est mis dans cette galère tout seul, la Petite Dame ne l’a pas forcé non plus ! :)

Donc vous l’aurez compris, nous voila partis dans une tournée, avec deux personnes à forte personnalité qui vont devoir cohabiter 24h/24h et travailler ensemble pendant 3 semaines. Je rappelle que Juan est un latino argentin, d'origine italienne (rien que ca !) et il ne faut pas sous-estimer non plus le caractère dune franco-japonaise, descendante directe (ou presque) de samouraïs... 

On arrive ainsi à Bordeaux, premier déchargement : « Bon sang que c’est lourd ! Et je dois faire le boy de la tournée également ?... Ah oui c’est vrai la Madame, elle n’est pas bien grande et pas très costaud… et moi je suis le seul mec de la tournée… j’ai compris. »

Et le soir, après notre réveil matinal, la route et les galères, nous voilà au Café des Moines à Bordeaux pour notre premier concert. Première date = premier album de la tournée vendu (grâce au « charme latino » de Juan, enfin c’est ce qu’il pense… Merci en tout cas aux 4 jeunes filles de la table en face la scène !). Nous avons été très bien accueillis par Rémi le gérant et le public nous a semblé réceptif. (Amis artistes nous vous conseillons ce joli lieu ainsi que « Le chat Gourmand » à Bordeaux). Le premier concert s’étant plutôt bien passé, malgré la fatigue encore une fois et le manque de rodage de notre spectacle, cela a permis d’apaiser un peu les premières tensions.

Pour être honnête nous n’avons pas réalisé l’ampleur du pari de cette tournée tout de suite: à savoir, un duo musical que personne n’attend, dans une formation toute simple guitare-voix, avec un répertoire essentiellement de compositions, des reprises ajoutées pour l’occasion (donc pas beaucoup jouées jusqu’alors)… face à un public en vacances au bord de la mer, qui a surtout envie de faire la fête… et qui a l’habitude d’assister aux spectacles de formations plus grosses ou munies de bandes son (donc pas juste guitare-voix), habituées à jouer pendant l’été, avec un répertoire de chansons connues.

Nous avons fait la deuxième partie de la route de 500 km vers le sud, jusqu’à notre deuxième point de chute à Sète, après un rechargement périlleux de la voiture puis un déchargement (tout ça grâce essentiellement à Juan – « chauffeur et déménageur»). Et c’est lors de notre concert à Lattes que nous avons commencé à réaliser ce qui nous attendait. Nous nous sommes produits à l’Eden Camping où nous avons été très bien reçus par le directeur des lieux et l’animateur. Cela ne nous paraissait pas gagné d’emblée mais le public a finalement été attentif et réceptif, avec en prime le deuxième album vendu de la tournée (grâce à mon charme cette fois… non mais y a pas que Juan qui peut la ramener ! J). C’est la première fois que je me produisais dans un camping pour ma part (en revanche Juan avait déjà fait quelques dates en camping lors de tournées précédentes) et j’ai été agréablement surprise par l’accueil du public qui étaient attentif au départ aux reprises mais qui a également écouté nos compositions avec intérêt.

Après ces premières dates, nous avons donc pris confiance en nous, notre spectacle, notre jeu. Pour ce qui est de l’équipe (moi-même et Juan), après quelques accrocs au démarrage dans la mise en place, nous avons pris nos marques. Enfin Juan vous dira que c’est surtout lui qui a dû prendre ses marques pour le chargement et le déchargement du matériel, l’installation de ce dernier et le câblage (et oui Juan est aussi l’ingé-son de la tournée, le pauvre…). En effet sur plusieurs dates, nous (c’est-à-dire Juan) avons dû installer toute la sono. Quant à moi j’ai surtout fini par me détendre. Nous travaillons depuis un peu plus d’un an ensemble mais je crois qu’on a aussi appris lors de cette tournée à mieux nous connaître et nous faire confiance, dans des situations plus difficiles et plus fatigantes cette fois-ci. Et puis pour de vrai, on s’aime bien (même si on pourrait en douter à la lecture de ce récit…) et on croit tous les deux autant dans ce projet. Et au regard de cette première tournée, faite avec nos petits moyens, je crois qu’on a des raisons d’y croire…

Les dates se sont ensuite enchaînées. A chaque nouvelle date, nous avons vendus plusieurs albums, ce qui pour moi est une grande satisfaction car cela signifie que les personnes étaient assez enthousiastes pour acheter notre album autoproduit, afin de réécouter nos chansons et les faire découvrir à leur entourage. Et à chaque date, nous avons pris encore un peu plus confiance en nous (enfin surtout moi car l’égo de Juan n’a pas vraiment besoin de confiance supplémentaire… je rappelle que c'est un argentin, comprendra qui pourra... ). Et nous avons aussi amélioré je pense notre spectacle (enchaînement des chansons, discours, jeux de scène…).

Nous sommes revenus deux fois à Montpellier plage (Palavas les Flots) en début et fin de tournée. Il semble que notre spectacle opère tout particulièrement auprès des enfants, car comme sur la date précédente, nous avons été très sollicités par les plus petits qui réclamaient photos et autographes. Et vous savez ce qu’on dit : la vérité sort toujours de la bouche des enfants… :)

A l’Otra Cosa (Clermont l’Hérault), nous avons été très bien reçus par Michel. Grâce à lui et la journaliste Danielle, nous avons eu un article dans le Midi Libre : http://www.midilibre.com/articles/2010/07/16/VILLAGES-Petite-Madame-duo-feerique-au-charme-latin-1310141.php5

Avant d’entamer les dates de la deuxième semaine, nous avons dû déménager vers notre troisième point de chute au Grau du Roi cette fois. Donc re-déménagement et route (Juan était ravi !). En se rapprochant ainsi de la mer, nous nous sommes accordés quelques moments de détente à la plage mais chut ! Cela reste entre nous (Ah ces artistes, ils se la coulent douce pendant que les autres travaillent eux…)

Aux Roquilles (Palavas les Flots), nous avons fait la connaissance de deux jeunes filles très à l’écoute, Morgane et sa sœur qui s’est reconnue dans notre chanson « La Balancelle ». Merci à toutes les deux et merci également au jeune couple de danseurs qui nous a accompagnés pendant tout le concert.

En effet pour ce qui est des titres, il semble que « La Colombe de Chagall », « Comme une danse », « Vodka Orange », « Demande en amitié » et « La Balancelle » rencontrent toujours le même succès. Sans parler de l’engouement pour nos nouvelles reprises, revisitées évidemment par nos soins. Ces quelques lignes ne sont pas empreintes d’une grande modestie (Juan sort de ce corps !!!), mais c’est véritablement le retour que nous avons eu du public et c’est ce qui nous rend si optimiste pour la suite. Merci à tous !

Aux Dolmens (Méjannes le Clap), nous avons sympathisé avec le directeur, un mélomane averti, et le public était également au rendez-vous puisque nous avons réalisé notre record d’albums vendus ce soir là. Le spectacle a également été ponctué par l’intervention de jongleurs et cracheurs de feu pour un petit moment bien agréable.

Au Grau du Roi, nous nous sommes produits plusieurs fois dans le joli bar du Safari Playa, grâce à la programmation de Peter. Lors de la première date, l’ambiance était à son comble grâce notamment à l’enthousiasme d’Alex et Ludo dont nous avons fait la connaissance, ainsi qu’un joli couple juste en face de la scène. Lors de la deuxième date riche en émotion également, j’ai failli me faire évincer de la scène par une petite fille complètement subjuguée par Juan. L’effet du « charme latino » d’après lui qui agit sur tous les âges… moi je dis qu’elle était surtout fascinée par la scène (une future artiste cette petite), bon peut-être un peu par le jeu de guitare c’est possible… En effet sur quelques dates, Juan assurait la première partie, à l’heure de l’apéro, avec un set musical latino (encore du boulot en plus pour le pauvre Juan….). Et la jolie petite fille d’environ 5 ans est restée sur la scène une bonne demi-heure, à côté de Juan… à ma place ! (« ça lui apprendra à me laisser tout faire, elle avait qu’à chanter à l’apéro aussi… »). Puis ce soir là, nous avons eu la visite d’un groupe d’adolescents en vacances que nous avons fait participer au spectacle et qui nous ont fait beaucoup rire. Merci donc au jeune homme du groupe qui est venu nous rejoindre sur scène, et puis merci à Stéphane et sa famille ainsi que les vacanciers d’Evian-les-Bains, qui nous ont acheté notre album.

A l’Orange bleue (Octon), Adèle nous a accueillis très chaleureusement et le public était très réceptif. En effet nous avons été écoutés par de nombreux musiciens ce soir là et notamment par la famille de Victor que nous remercions. Lors de cette date, Juan a réalisé qu’il devait endosser un encore un nouveau rôle, celui de garde du corps… « parce que la Petite Dame, si on l’embête Juan est l’homme de la situation et surtout le seul de la tournée !».

Nous avons encore eu droit à notre ballet incessant d’aller-retour (devenus habituels pour chaque déménagement et chaque concert) pour charger et décharger la voiture, direction notre quatrième point de chute à Lattes, avant la troisième et dernière semaine de tournée… Ouf !

Au Saint-Méen (Vendres), nous avons eu la joie de voir quelques personnes de notre public parisien, en vacances dans le coin, merci donc à la famille de Laëtitia. Ces derniers se sont dits admiratifs de notre travail. Je cite : «Quel boulot vous faîtes tous les jours, ça n’a pas l’air facile, au début les gens ne savent pas à quoi s’attendre, ils ne vous connaissent pas alors l’ambiance démarre doucement et à force, vous arrivez à emmenez le public et à le conquérir, même avec vos propres chansons… Et à la fin du concert ils chantent, ils applaudissent… Chapeau ! ». Merci également à Oliver et sa famille pour leurs encouragements.

Dernière date cette fois avec un retour à Montpellier Plage (Palavas), où nous avons fait connaissance avec notre futur public Lyonnais. Nous avons en effet rencontré Samia, Fabrice et leur amie qui sont devenus « fans » je crois bien et qui nous attendent de pied ferme pour un concert à Lyon. :)

Par ailleurs, lors de cette tournée nous avons contacté plusieurs radios, qui ont annoncé nos dates à l’antenne et avec lesquelles nous resterons en contact. Nous remercions en particulier Anthony de la radio France Bleue de Nîmes. Nous avons également pris contact avec quelques mairies, qui organisent des événements.

Enfin pour finir sur quelques anecdotes « drôles » (ou pas… ça dépend du point de vue), Juan a endossé encore un autre rôle non prévu au départ et à ajouter au cahier de doléances déjà bien rempli, à savoir celui de cuisinier. En effet, je suis aussi une piètre cuisinière (« mon dieu la Petite Dame, elle est vraiment bonne à rien ! ») et mes plats de pâtes récurrents ne lui donnaient pas du tout envie. Honnêtement c’est vraiment un fin cordon bleu (encore un autre talent caché derrière le « macho latino »). Nous nous sommes donc fait le sketch de l’homme goujat et de la femme outrée (version caricaturale… ou pas :), et cela en inversant les rôles (étonnant pour un « macho latino » non ?). Résultat des courses : je sais au moins descendre les poubelles (enfin quand j’y pense) et faire la vaisselle. En revanche pour la salle de bain, j’endossais sans problème le rôle de la femme cette fois : une heure en moyenne avant chaque concert, de quoi faire enrager n’importe quel homme. Certains diront que j’ai tous les défauts de la femme…et de l’homme (ça c’est plus grave !). Mais bon on peut pas tout savoir faire dans la vie… chanter et chanter :)

Voilà maintenant vous savez tout ou presque de notre première tournée d’été. Si je résume, Juan a été le chauffeur, porteur, déménageur, ingé-son, cuisinier, garde du corps de cette tournée… et guitariste (on pourrait presque l'oublier parfois), pendant que la Petite Madame a beaucoup appris de cette expérience riche en émotion, pour chanter nos chansons encore mieux je l’espère (et seulement chanter… « enfin elle joue du clavier aussi mais fallait pas trop lui en demander non plus »).

Et puis, on a rit (beaucoup), on a pleuré (un peu, enfin moi... car un argentin doublé d'un italien, ça ne pleure jamais alors qu'une demi-samouraï...), on a fait de très belles rencontres et on a pu toucher un nouveau public, que nous aurons l'occasion de revoir bientôt je l'espère.

L’année prochaine, on recommence avec une formation plus importante et de meilleurs moyens, ce qui ravira Juan (qui ne sera plus le seul « chauffeur, déménageur, garde du corps… ») ! Et on se revoit avant cela, pendant l’année à venir partout en France !

A bientôt pour de nouvelles aventures !